Menée du 8 au 18 octobre dernier, l’enquête Profession paysagiste menée auprès des entreprises du paysage (627 résultats exploitables) a demandé aux paysagistes quels étaient leurs souhaits de développement pour les années à venir : les résultats sont plus qu’intéressants ! Ainsi, passionnés et appréciés, les entrepreneurs du paysage nous confient vouloir s’orienter principalement vers la clientèle privée et développer de nouvelles compétences.
Développer de nouveaux savoir-faire
Ainsi, certaines relèvent des aspirations à répondre aux besoins de confort de leurs clients. C’est le cas de la maçonnerie paysagère, de l’installation de piscines privées, de la pose de clôtures et portails pour faire du jardin un paradis clos.
D’autres axes de développement relèvent des tendances technologiques (comme l’installation des robots de tonte) ou sociétales (comme la création de jardins potagers ou l’entretien d’espaces de nature). Alors que d’autres sont plus orientés sur le conseil (bureau d’études, CAO/DAO) ou le commerce avec la vente de mobilier de jardin, d’accessoires de piscines, d’éclairage...
Vos prochains investissements
Nous vous avons posé la question de « quels étaient vos prochains investissements ? ». Face aux difficultés de recrutement et à l’importance du capital humain dans les PME, le premier investissement est la formation de l’équipe (plus de 21 %). L’achat de camions pour 20 % se positionne en deuxième place : une tendance à mettre en parallèle avec les difficultés de partage de véhicules lors de la crise sanitaire !
Modernisation, ergonomie, moindre pollution sonore mais aussi source d’énergie décarbonée poussent l’investissement dans l’achat de matériels électriques pour 16 % des répondants. Ensuite, l’agrandissement des locaux (14 %) et la création d’un show-room (10 %) font aussi partie des prochains investissements des entrepreneurs du paysage. Tandis que 11 % veulent investir dans l’achat de mini pelles, 4 % souhaitent mettre en place une politique RSE et près de 3 % veulent adhérer à un réseau.
Le marché des particuliers attire…
A la question sur quels marchés souhaitez-vous orienter votre développement, les réponses sont les suivantes :
- 58,4 % souhaitent s’orienter sur le marché des particuliers, soit une claire majorité ;
- 27,3 % pensent à aller sur le marché des professionnels (promoteurs, bailleurs sociaux…) ;
- et seulement 14,2 % sur les marchés publics.
Instructifs sont les commentaires qui traduisent les motivations et ressentis des chefs d’entreprise qui apprécient leurs clientèles privées. Et il y a de quoi : « il y a une majorité de retraités des 30 glorieuses qui font appel à nous car ils vieillissent, ils ont un bon pouvoir d’achat et bénéficient de crédit d’impôts ». De plus, « le marché de la piscine est en croissance » et « considérable compte tenu de la vétusté de certaines piscines ». Et « qui dit piscine, dit jardin ! ». Par ailleurs, à la suite de la crise sanitaire, il y a une forte demande pour « apporter du végétal et de la vie au jardin ».
Autre avantage avancé de travailler pour le marché privé : « le particulier nous permet d'exprimer notre savoir-faire avec peu de négociation et plus de créativité selon les lieux et leurs rêves ». Ainsi, le marché des particuliers est jugé « porteur et à bonne valeur ajoutée », « en plein développement et exigeant », « plein de créativité » car « on propose du sur-mesure à chaque client », « qualitatif et épanouissant » avec de « meilleures relations clients », « en lien direct avec le décisionnaire ». Les marchés sont ainsi jugés « beaucoup plus simples et intéressants » : « on construit le projet de A à Z ». Aussi, ils sont « plus lucratifs, avec moins de perte de temps en négociation et en procédure administrative », « même si on modifie le projet en cours de chantier ». Et, surtout, « on est payé dans les temps ».
… tandis que les marchés publics sont jugés trop compliqués
Ainsi, même si certains reconnaissent que « le vert et la nature en ville doivent se développer » et que cela implique qu’il faut « se placer sur ce type de marché », une très large majorité de paysagistes considèrent que les marchés publics sont très, voire trop concurrentiels, « réservés aux grands groupes », « avec des prix anormalement bas », car « les budgets ne sont pas cohérents par rapport aux travaux à réaliser ». Ce sont des marchés « difficiles d'accès pour les PME car trop lourds en formalités diverses et variées ». Des marchés publics où « les relations sont compliquées avec les collectivités et leurs services », qui sont « complexes car il y a de multiples interlocuteurs, pas toujours compétents » et « longs, entre consultation, études et travaux » avec « des délais de règlement indécents ». Voilà qui devrait re-questionner le fonctionnement des collectivités et les démarches lourdes imposées par les marchés d’offre publics.